Défilé de féeries suivi de Les Annonciations de Manet, Ludivine Sereni — Article publié sur le site “Pileface - sur et autour de Sollers” : https://www.pileface.com/sollers/spip.php?article2546
“Le titre est ambitieux, à la hauteur des aspirations de l’auteure (je n’aime pas le mot autrice) : c’est bien dans les cimes que nous sommes conviés.
Oubliez vos préoccupations terre-à-terre, voguez dans les sphères de la pensée, du rêve, de l’art et de la poésie, autrement dit dans les sphères du Paradis. D’ailleurs le blog que tient Ludivine Sereni s’intitule « This Side of Paradise ».
On pourrait ajouter dans les mantras de l’auteure : « cultive l’écriture », comme une hygiène et un art de vie, avec le souci esthétique et la perfection d’un calligraphe chinois […]”
LICHTUNG
« La présence-même de l'étant-présent n'a comme telle aucun rapport à la lumière au sens de la clarté. Mais la présence-même est vouée à “ das Lichte ” au sens de la “ Lichtung ”. Ce que ce dernier mot donne à penser se peut élucider à l'aide d'un exemple, à supposer que nous le pensions de suffisamment près. Si la Lichtung en forêt [la clairière] est ce qu'elle est, ce n'est pas en raison de la clarté et de la lumière qui peuvent y luire; elle existe même de nuit. Elle veut dire : la forêt, à cet endroit, s'ouvre au marcheur.
Das Lichte au sens du lumineux et das Lichte au sens de la Lichtung diffèrent non seulement quant à ce dont il s'agit, mais également quant au mot. Lichten veut dire : libérer en dégageant, en accordant la levée d'une contrainte, en affranchissant. Lichten appartient à la famille de leicht [léger]. Leichtmachen [rendre léger], erleichtern [alléger] quelque chose, c'est : le débarrasser des résistances, l'amener dans ce qui est sans résistance, là où le champ est libre (ins Freie). Den Anker lichten [lever l'ancre] veut dire : libérer l'ancre du fond marin qui l'enserre, et la tirer pour l'élever dans le libre élément de l'eau, puis de l'air. »
Martin Heidegger, L'Affaire de la pensée, 1965Cy Twombly, Orpheus, 1975
COQUILLE

“Retirez le q de la coquille : vous avez la couille, et ceci constitue précisément une coquille.”Boris Vian, Lettre au Provéditeur-Editeur sur un Problème Quapital, Viridis Candela, Cahiers du Collège de ‘Pataphysique, N°19 : L'Avenir Futur ou Non.
Extraits :
Quelque chose vibre et s’étend sous la peau, dans le cœur multiplié ; quelque chose d’aussi simple, je l’espère, qu'une phrase musicale.” p.10
FILS D’ARIANE
QUE CELUI QUI A DES OREILLES…
Des gens qui n'y comprennent rien : bon, affaire courante.
Mais des gens qui ne veulent rien y comprendre ? Là est l'indication, là est l'enjeu. Une certaine musique déclencherait chez certains une mauvaise volonté, une sorte de violence contraire ? Il n'y aurait de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre ? Mais oui.
“Si on était dans un lieu où les gens ont des oreilles, un cœur pour sentir, où l'on comprend un tout petit peu quelque chose à la musique et où l'on a un peu de gusto, je rirais de bon cœur de tout cela. Mais je suis entouré de bêtes et d'animaux (pour ce qui est de la musique). Comment pourrait-il en être autrement, d'ailleurs, ils ne se comportent pas autrement dans toutes leurs actions, amours et passions.”
Eh bien, nous sommes ici à onze ans de la Révolution française. Va-t-elle régénérer les choses et sauver la musique ? Ou bien aggraver la situation ? La question mérite d'être posée, et c'est Mozart qui la pose. Mais non, pas seulement Mozart, chacun d'entre nous.
Ph. Sollers,Mystérieux Mozart, 2001.
PHILIPPE SOLLERS LEGENDE AGENT SECRET (via Vimeo)
Orchestral Suite No. 2 in B Minor, BWV 1067: Badinerie, Sir James Galway at Lincoln Center, 1980.









